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 Trébucher n'est pas chuter

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MessageSujet: Trébucher n'est pas chuter   Lun 17 Déc 2012 - 18:26

L’azur s’étiole. S’estompe alors que tombe la nuit. Il recule et se dévêt lentement. De derrière la vitre sale de ma chambre, je le regarde faire son temps et s’en retourner d’où il vient. Puis le ciel s’étoile. Autour de moi, les ombres se penchent comme de polies invitées.
Je regarde ce ciel noir, voûté d’un bord à l’autre du monde. Il est étendu là, sans nécessité, sans rien en lui que je puisse appeler mon destin. Vide, totalement intouchable, immensément incompréhensif. Taillé sur le même modèle que mon avenir.

Des regrets ? Peut-être … Je ne sais plus. Suis-je ivre ? Peu importe. C’est enclenché, mygale aux pattes de regrets, la nostalgie a tissé sa toile entre mon cœur et mes poumons. Après tout, je n’ai rien à perdre à y retourner. Plus rien à protéger, jamais. Je suis devenu pareil à cette vitre : transparent. Alors, il est peut-être temps que je retourne dans cette direction, la seule que je reconnaisse désormais, et marcher. Effacer le passé. Ça fait longtemps que j’ai appris à effacer. S’effacer d’abord, effacer ensuite. J’ai juste un peu d’avance sur le grand coup de torchon qui balayera tout.

Je sors du cabanon qui m’a servi de résidence depuis tout ce temps. Bâtisse de fer et de bois, sommaire. Et froid.
Ici dehors la nuit continue. Il fait sombre, mais je sais où aller. Je sais que dans quelques heures à peine je verrai au loin s’élever les murs du bastion Althéen. Je sais que dans quelques heures, je n’aurai plus froid. Alors je me mets en marche. Quelque chose, très loin, au-dedans ricane : bravo, mon garçon, te voilà dans l’ordre des choses…

Dans la pochée sale de mes yeux dansent, ce soir, des milliers de petits grains orphelins : envie espoir haine fierté moi EXISTENCE. J’y pense depuis des semaines, torturé par cette idée : Combattre pour soi, vivre pour soi … L’arrogance ça se vit bien, mais ça laisse un vide. On songe à la fin et ce qu’on laissera de nous, dernier écho au-delà des âges. Au-delà de la mort.

Après tout, tout est fait pour durer au-delà de moi, au-delà de mon temps et de mon aire.
Tiré du chaos, viendra un jour ou je vais retourner au chaos. Percevoir, désirer, convoiter auront été des actions passagères, alors que combattre pour de plus nobles idéaux sera le point de repère dans le petit drame de mon existence. Il y a, en dehors de moi ce vide intolérable qu’il faut que je comble. Je marche vers le destin, vers la sortie fatale seule ouverte : la nuit ultime. Mais entre nous, au loin, à peine distinguable entre les branches des arbres, mon ancienne demeure. Et cette conviction naissante : Avant d’être éparpillé dans ce monde sans horizon, j’œuvrerai pour les valeurs que j’ai tant peiné à oublier.

S’il fallait qu’il advienne que je disparaisse maintenant, je sais sans le moindre doute que le monde retournera à sa paisible existence comme si de rien était. Je suis soustrait, promis au vide : ma trace disparaitera comme une goutte d’eau qui s’évapore sous un soleil ardent, sans laisser de souffrance. Presque. Les cycles et les lois physiques auront toujours cours. Sans avoir rien possédé, je partirai sans pouvoir voler et emporter avec moi dans mon néant. Je cesserai d’un seul coup d’être le centre du monde. Un souvenir confus et lointain me donnera-t-il une âme ? Mon regard se fermera sur le monde qui n’a jamais eu besoin de moi. Et …

Je trébuche.

Ma bouche se remplit de poussière, et ma tenue déjà très sale agrippe ces petits grains comme un affamé sa pitance. Je frappe le sol du poing. Plusieurs fois. Jusqu’à ce qu’il brûle et ramène mon esprit. Portés par mes nouvelles convictions, mes pas se sont égarés dans la forêt de Nch. Si bien que, physiquement et mentalement, me voici perdu.
L’obscurité rend la tâche de repérage impossible. Désespéré, je fantasme, j’en appelle à ce lien qui, selon les dires, permettrait à deux âmes unies de se trouver l’une l’autre. Foutaises. Au milieu d’un bosquet, les yeux fermés à la recherche de cette partie en moi-même, un oiseau croasse comme pour me signifier ma connerie.
Raisonnable, je décide d’attendre le jour qui sans doute dévoilera à ma vue l’imposante silhouette du château Althéen. Je pose l’ensemble de mes affaires par terre : ma fesse droite et ma fesse gauche, puis par leur biais ce qui reste de ma tunique, et allume un feu.
Le temps passe et je m’apprête à repartir dans un questionnement intro spectral lorsque j’entends des pas approcher …
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Welgur

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MessageSujet: Re: Trébucher n'est pas chuter   Mar 18 Déc 2012 - 21:36

Cette nuit, il faisait froid. En levant les yeux au ciel, Welgur s'enivrait de la beauté des étoiles dont la voûte céleste était parsemées. Il se sentait bien.

Un potentiel feu le mit aux aguets, il quitta un instant sa demeure pour fouiller les alentours, dans la perspective de sécuriser la zone. Munit de son arc, habillé en tenue de combat, il restait sur ses gardes, à l'écoute du moindre bruissement, du moindre crépitement, du moindre craquement. Avec prudence, il se dirigeait vers la lumière.

Adran. La chimie fit son effet dans le corps du franc-tireur : surprise, haine, colère, incompréhension, joie, émerveillement. Tout se bousculait dans sa tête. Que penser ? Que dire ? Que faire ? Pourquoi Adran était là ? Que faisait-il ? D'où venait-il ? Stop. Bloquer son activité cérébrale, ne penser à rien, souffler. Nous aurons tout le temps de discuter au château, dans ce havre de paix. Physiquement, le magicien n'était pas vraiment présentable. Ses habits étaient sales, abîmés. Pour l'heure, il convenait d'inviter ce dernier au chaud. Welgur le ferait passer devant les gardes, il sait pertinemment que son ami n'est pas dangereux dans l'enceinte du château.


Bonsoir Adran.

Oh non, ils n'avaient pas besoin de communiquer. D'un geste amicale, Welgur invita Adran à le suivre. Il emmena l'invité jusqu'à la salle d'apparat. Tout au long du trajet, il fut envahi par un sentiment agréable, comme s'il avait comblé un manque, vidé depuis trop longtemps.

La fatigue, l'isolement par le vagabondage et la solitude ont donc eu raison de cette vieille branche. Il est de retour.
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Nymeria

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MessageSujet: Re: Trébucher n'est pas chuter   Sam 22 Déc 2012 - 10:12

Mes pieds sont lourds et meurtris. J'avance dans l'espoir d'une nuit longue et chaude, dans un lit moelleux, peut-être même en compagnie d'une certaine personne.
Arrivée au château, je pousse la lourde porte et une délicieuse chaleur m'envahit. Je commence à gravir les escaliers, mon lit me tend les bras. Mon ventre proteste. Un petit tour par les cuisines ne serait pas de refus. Je fais demi-tour, ragaillardie par la perspective de manger.
Bientôt, je suis interpellée par un garde. Je le regarde, les sourcils froncés, mécontente. Un invité dans la salle d'apparat. Je soupire, remettant mon repas et ma nuit à plus tard.

Welgur, avec une attitude bizarre, se tient à côté d'un inconnu dépenaillé, à l'allure plutôt repoussante. Une odeur de saleté se dégage sur lui. Je ravale mon dégoût et ma tristesse de voir ma longue nuit partir peu à peu.
Je m'approche, un sourire timide aux lèvres.


Bonjour, je suis Nymeria.
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Agrum

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MessageSujet: Re: Trébucher n'est pas chuter   Sam 22 Déc 2012 - 17:11

C'est après une longue journée d'entrainement dans la Salle d'Arme qu'Agrum pris la direction de sa chambre exténué, il posa ses affaires avec soin dans un coin et tomba comme une masse sur son lit, c'est après 10 bonne minutes que sont estomac lui donna la motivation de se lever et de se diriger vers la cuisine. Traînant des pieds il arriva dans les cuisines, pris un gros morceau de pain s'assit sur un tabouret dans un coin et regarda les domestiques s'affairer.

Une fois son morceau de pain fini il salua les cuisiniers et se préparait à une ballade digestive lorsqu'il apperçus Nymeria se diriger vers la salle d'apparat après avoir parlé à un garde. Lorsque ce dernier vis Agrum il lui répéta la même chose qu'à la jeune moniale, un visiteur se trouvais dans la salle d'apparat.

Le paladin n'ayant rien d'autre de prévu pour la soirée il suivit Nymeria de loin. Il rattrapa la porte de la salle d'apparat et entra discrètement.
Un homme se tenait à côté de Welgur fatigué, même exténué. Il portait des habits sale et déchirés par endroit. Après que Nymeria se soit timidement présenté, il dit d'une voix clair:


Bonsoir, je me présente, je suis Agrum Paladin de la Alth.

Après ces quelques mots le partisan du Roy alla s’asseoir dans un coin et observa la suite des évènements

_________________
Mes kills avec Honneur :
-Exilés : 88
-Cartellois : 56
-Brigands du Royaume : 6
Je tape que les Bleus , mais si les verts me titillent , ils me trouvent !!
Le choque, la douleur et la stupeur. Le coup suivant a fracassé ton crâne.
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Sanah

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MessageSujet: Re: Trébucher n'est pas chuter   Mar 25 Déc 2012 - 23:58

Quelle corvée, l’ennui. Assise, affalée, étourdie de nonchalance, je ne trouvais pas même la force de penser à lever le petit doigt. Petit doigt qui s’engourdissait, élégamment recroquevillée, méprisable larve de chair et d’os, sans importance. Fragile. La tête posée sur le bras, je contemplais d’un regard éteint le parquet. De ses yeux vides de planches rectangulaires il me dévisageait. « T’as l’air bête avec ta bouche de carpe ouverte » semblait-il décréter. Toi-même. Je tentai de replier mon bras, mais la lourde masse de mon cerveau lui avait fait perdre toute mobilité. Je m’asseyais, amusée. Le bras ballant. Le soulevai de ma main valide. Pantin maladroit, membre lourd. Si lourd. Je m’appesantis un instant sur sa fermeté, admirant l’efficacité des muscles effilés de l’être humain. J’avais l’air si stupide en vérité. Perdue dans une introspection dérobée, je contemplais mon corps comme un objet rare et unique, comme un enfant palpe un animal endormi. Et mon organisme tout entier se laissait aller à une douce somnolence, touché, manipulé, pétri comme la pâte molle d’un pain lentement modelé.

Des voix retentirent à l’étage inférieur. Je revins à moi. Migraine. La réalité n’est pas si douce. Je ne trouverai le réconfort que dans la rêverie silencieuse des chambres ombreuses. J’ouvris la porte. Le couloir désert résonnait d’échos silencieux. Je m’avançai, m’amusant comme une enfant à ne pas faire de bruit, cheminant sur la pointe des pieds jusqu’à la première marche de l’escalier. Funambule du silence, je m’imaginai une foule en émoi. Je battis des bras. L’atmosphère moirée de l’escalier m’apaisa un instant supplémentaire. Je descendis d’un pas feutré. J’avais toujours aimé ce mot, feutré. Je m’appliquais à l’apposer à tous mes faits et gestes, commentaire muet de ma vie. Il me donnait une impression de volupté, de douceur, de tendresse.
Et dans un coin, l’ami.

L’ami cher. L’ami déraisonnable. L’ami perdu. L’ami retrouvé. L’ami rêvé, rencontré, préservé. Le rieur, l’ineffable, le sombre, le dangereux, le tendre.
L’ami sale. Adran se tenait là, boueux, brisé. Mais le regard, ce regard sombre, noir, vif, rieur, moqueur, amer, pétillant. Il était mon compagnon de route, mon plus fidèle allié. Jamais il ne m’avait trahie. Toujours, nous nous étions battus, chamaillés, respectés, alliés. Et aujourd’hui, énième rencontre, énième attachement. Il sortait de son trou. Il était venu. Jamais complètement seul. J’ai toujours été là.

Bonjour Ad. Tu sens vraiment mauvais. Tu m’as vraiment manqué.
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MessageSujet: Re: Trébucher n'est pas chuter   Mer 26 Déc 2012 - 10:32

http://alth.meilleurforum.com/t1871-adran-trebucher-n-est-pas-chuter-suite

Paaaaaaaar ici la sortie ! ( N'oubliez pas le guide )
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